12.5.07

Moi Caprice - Town And The City


Hier matin j'ai fait un rapide inventaire des vidéos en stock avant le rush du samedi. J'y ai passé pas mal de temps, j'ai fouiné, trié, réorganisé, des heures durant, fouiné, trié, réorganisé, jusqu'à la tombée de la nuit, fouiné, trié, réorganisé, et j'en suis finalement parvenu à cette conclusion implacable: ce matin nous n'avions que deux vidéos en stock.
"Zut, elles ont intérêt à être biens" je me suis dit.
La première était un plan fixe de deux minutes sur des souris. Merde. La deuxième alors. Un groupe danois la deuxième, pourquoi pas tiens, allons-y, regardons ça.

Et là j'avoue que je suis resté un peu perplexe.
Le nom du groupe déjà, "Moi Caprice". Rien que de l'imaginer en lettre d'or sur la gondole du jour j'en avais la nausée. "Autant s'appeler "La Défaite"" je me suis dit, et puis j'ai pensé au groupe Je Suis France, je me suis demandé si il y avait une sorte de private-joke entre eux, un concours qui justifierait cette escalade dans la ringardise, et merde, merde, deux minutes sur des souris? Je peux pas.
Alors j'ai regardé quand même et non vraiment, perplexe. La vidéo commence par une galerie de portraits, de gens tournant lentement leur regard vers la caméra, l'air gauche et néanmoins concentré. A un moment je me suis cru dans une pub pour EDF/GDF, je guettais la voix-off un peu moralisatrice qui nous expliquerait qu'on a tous besoin d'énergie hein, les gars, et le slogan "Des hommes, des femmes, de l'électricité, du gaz", on un truc du genre, avec "demain" dedans.
Ensuite viennent les sous-titres, c'est là que ça devient un peu retors. En fait tous ces gens d'EDF/GDF ont en commun un certain Mickaël, et ils évoquent tour à tour leurs souvenirs avec lui, le tout dans une ambiance gentillement mélancolique et désuète. Fin. Bof. Déjà fait, déjà vu (pensez à Out Of Time par exemple).

Sauf que, et ça ne m'est apparu qu'au deuxième visionnage, cette vidéo a un truc.
Pour en avoir le coeur net j'ai été jeter un oeil sur d'autres vidéos du groupe et je suis formel: Mireille Mathieu est en première page de youtube pour "moi+caprice". Merde. C'est vers ce moment là que j'ai soudainement considéré les plans fixes de souris comme un truc super avant-gardiste. Parce que bon, elles tournent dans une roue, c'est métaphorique, c'est... enfin...
Un truc bordel, il y a un truc. Le morceau? De la pop ordinaire, pas d'entourloupes. La morale? "It's the same, the town and the city rain, but you seem to see a difference"? Trop cryptique, trop plat. Non, un truc. Juste un truc. Et on ouvre bientôt. Merde.

Alors à ce stade de l'écriture, j'avoue que jétais persuadé que le truc en question me viendrait tout en écrivant ce post, que de coucher tout ça à la va-vite au dos d'une fiche de paye ça m'aiderait à y voir plus clair. J'avais raison. Et oui mes minous, j'ai fini par comprendre: ce clip de Town And The City est effectivement un excellent produit car il joue dans le registre de l'absurde comme dans celui de la tragédie, de sorte qu'on ne sait jamais s'il constitue une immense blague ou s'il se veut sérieux. En somme, il maintient un parfait équilibre entre deux genres, une sereine mesure qui lui confère un charmant mystère. Bref, c'est pas de la gnognotte.

Et de toute façon c'était ça où un docu-fiction sur les rongeurs.

Alors bon week-end.

1 commentaire:

alej a dit…

ouai, et l'expression "tiré par les cheveux" ça te dit quelque-chose ?