30.5.07

Primavera Sound 07!


Bonjour ceci est un post à caractère informatif:

KS notre caissier correspondant sur place au PRIMAVERA SOUND de Barcelone, vient de mettre en rayon diverses informations relatives au festival qui se tiendra ce week-end. Un large choix de clips et d'états d'âmes vous est offert, ainsi que les vidéos préférées des artistes programmés.
Retrouvez sans plus tarder KS dans notre succursale!

¿Por favor, cómo se dice en español "la maison est grande"?


Surtout n'hésitez pas à lui poser des questions.

29.5.07

Be Your Own Pet - Bicycle Bicycle, You Are My Bicycle

Celui qui pense pouvoir porter sur le monde un regard dénué de toute référence est soit un fou, soit un imbécile, soit un poète, à coup sûr celui-là se lève tard et à tant chercher des aiguilles dans ses bottes il finira sur la paille sans qu'on en fasse grand foin. Oui, j'ai entendu votre appel, Virgile est plébiscité, je me suis longuement absentée pour compulser minutieusement son oeuvre, aujourd'hui les métaphores paysannes des Géorgiques sont à l'honneur.

Pour en venir par des chemins de campagne à notre sujet, tout l'intérêt du clip en question réside dans sa logique citationnelle. Du noir&blanc surexposé à l'altération factice de la bande en passant par la typographie ad hoc, la forme se veut volontiers traîtresse et sert un propos parodique fort bien mené. Ayant constaté une fois de plus que le format du trailer se prêtait parfaitement à la longueur de son morceau, le réalisateur éclairé ne manqua pas de remarquer combien la blondeur sculpturale de sa chanteuse ou la moue revêche de ses musiciens faisaient de BYOP le casting parfait d'un film rockabilly sponsorisé par une quelconque marque de slims ou de chemisettes plaid.

L'idée du pseudo-film support est simplissime, et pourrait se résumer comme suit : "Ouh les vilains jeunes que voilà!". Enfin, lecteur, libre à toi d'affiner cette analyse. Reste que lorsque leurs Converse font vroum-vroum sur les pédales de leurs vélos, les villageois tremblent et les jeunes filles succombent. Un spectacle sauvage dont prévenir toute âme sensible donc.
J'avoue avoir aimé cette vidéo pour cette séquence particulière dans laquelle la jeune rebelle écrase superbement sur le crâne d'un mouflet joufflu la glace qu'il suçotait avec délices 3 secondes auparavant. C'est jouissif, d'ailleurs j'y retourne.

Fujiya and Miyagi: Dexy's Midnight Runners - This Is What She's Like


En 1985, après deux ans d'inactivité et de délires paranoïaques, Kevin Rowland et ce qu'il restait des Dexy's Midnight Runners (Helen O'Hara et Bill Adams en fait) sortaient Don't Stand Me Down, leur troisième LP. Finies les gueules de dockers et la philosophie de gang, place aux costumes sur mesure et aux coupes de cheveux soignées. La presse de l'époque évoquera à cet égard des "looks de VRP", descendra en flèche l'album à sa sortie et précipitera Kevin Rowland dans une dépression dont il se remet tout juste aujourd'hui, alors que son Don't Stand Me Down est désormais réhabilité voire érigé au rang de disque culte.
A l'époque, Kevin Rowland avait choisi This Is What She's Like comme premier single. Vue l'évidence de morceaux comme Geno ou Come On Eileen, la critique eut du mal à suivre, le morceau est donc tombé dans un injuste oubli et son clip les boules, je le connaissais même pas.


La Superette sera au Primavera Sound cette fin de semaine, tout comme une petite centaine d'artistes de très bonne compagnie. Au cas où vous n'étiez pas au courant, à côté du fleuriste et du photomaton, on a installé un petit chapiteau dédié au festival, avec des dégustations de clips et des fasicules bien rangés dans des boîtes à clous estampillés d'un "Servez-vous" écrit au bic du plus bel effet.
Ah oui, le rapport avec Dexy's Midnight Runners. Bon. Voyez-vous, j'aime le strass. J'aime me parer de paillettes, de gants en satin et je me pique parfois d'enlacer mon cou d'élégants boas. Lorsque je croise un artiste, je ne crains pas l'artiste, je le séduis. Je le flatte un peu, pas trop, je me pâme en m'offrant à ses regards et je me tiens à ses côtés en gloussant doucement de sucrées âneries. La vie quoi. Or quand j'ai vu la liste des gens présents au Primavera Sound, j'ai tout de suite voulu leur faire du gringue, à tous.

Alors, pour faire mon intéressant, je leur ai demandé c'était quoi, leur clip préféré.


David Best, co-fondateur de Fujiya and Miyagi, m'a donc répondu que son clip préféré était celui de This Is What She's Like. Il inaugure ainsi une nouvelle rubrique sur notre stand promotionnel en carton, celle des "Saveurs du Printemps". Le publicitaire qui a trouvé ce nom a été viré, son nom traîné dans la boue.

Désormais vous pourrez donc retrouver d'autres réponses d'autres groupes présents au Primavera Sound sur La Superette au PS. L'occasion de découvrir ou de revoir quelques excellentes vidéos, sélectionnées par The Melvins, Grizzly Bear, Chromeo, Sr Chinarro... Le tout avant, pendant et après le festival. En sortant faites donc un crochet par chez nous, hein, soyez sympas, Nathalie s'ennuie comme une moufle à Dakar et moi j'en ai un peu ma claque de passer mes journées à trier mes doigts par ordre alphabétique.


Fujiya and Miyagi, dont on parlait récemment avec la vidéo d'Ankle Injury, est toujours un trio de Brighton. A leur sujet vous lirez souvent les mots "Krautrock", "Can" ou "Neu!", mais en vrai on s'en balance un peu, l'intérêt de ce groupe résidant surtout dans la force de leurs mélodies et non de leurs influences. Et même s'il se nourrit de toute une musique 70's-80's, leur son est très actuel, et leur album Transparent Things sorti l'an passé est une très bonne idée de cadeau pour la fête des pères.

Oh et le clip de Collarbone: trop mignon.



Fujiya and Miyagi seront ce jeudi 31 mai au Primavera Sound.

The White Stripes - Icky Thumb


Je fonçais droit vers la frontière, trop de merdes, aller au taff un jour férié sous la pluie j'en peux plus, une vilaine douleur à la tête et je bifurque. Le bordel du Chat et son hote, sur fond de tequila et je reprend le mojo. Partir ça j'y arrive, resté complique la tache, le mojo et son double ont pris le contrôle, impossible de tenir en place tant qu'il y aura cette vision rouge. Et puis, j'ai énormément de style avec cette vision saccadée, des phrases sortent de ma bouche comme : "la classe rock 'n roll pour une pute en vue". Sans vraiment savoir vers quoi le train nous mène, on court, on s'étale même pas.

Toi aussi tu serais dans la merde si t'avais à chroniquer ce clip, même si Meg est devenu désirable, c'est pas encore Rihana et la sève ne coule plus si facilement. Les White Stripes sortent leur sixième album, et on est content, lâchez vos bontempi. Revenez voir le blog jeu.

J'avais vraiment cette Mexicaine dans le viseur, mais je préférai tenter les morts. Ils ont leur fête, est ce que la fête des putes existe ? Non. Alors adieu le bordel, et courons Jackda dans la main, vers le prochain mur. On sera de la fête l'année prochaine.

Icky Thump, petite radio dans la gueule et les transistors crachent ta plaie.

27.5.07

Calvin Harris - The Girls


Calvin Harris, déjà présenté ici-même avec Acceptable in The 80s, a un goût très prononcé pour les filles françaises c'est certain, Katerine ne dirait surement pas le contraire. Slips, Damart Thermolactil, perruques colorées. Amusez-vous avec ça.

Voilà qui n'est pas sans vous rappeler l'iconographie Katerinesque, me trompé-je?

Je remercie Calvin Harris, grâce à lui j'ai l'honneur d'inaugurer le rayon "plagiat". Nan "plagiat" ça n'a aucun sens. Aujourd'hui on parle de "clin d'oeil" c'est plus friendly virb myspace network on se comprend dans le fond. Ou le rayon "à la manière de", ouais plus poli et arty.

Kim Gehrig est le réalisateur qui s'est rendu coupable de ce clin d'oeil. On ne va pas le blâmer non plus, parce que finalement Kim Gehrig n'est autre que l'auteur du "Do Your Thing" de Basement Jaxx, clip qui aurait inspiré selon les dires de KS (un caissier de la superette) le clip de Justice "D.A.N.C.E", il en parlait l'autre fois dans les rayons débile et lol. En d'autres termes Gehrig est lui-même une victime du "à la manière de".

26.5.07

Chemical Brothers - Do It


Alors on peut aussi trouver cette approche un peu ethnologue du lundi férié, un brin facile, un chouilla documentaire du dimanche, voire clip balavoine ou goldman des années 2000, oui on peut. Moi je trouve ça bien foutu, voilà.

Allez bonjour, c'est le nouveau clip des Chemical Brothers. Il préfigure la sortie du 6ème album "We Are The Night" prévue pour le 19 Juin.
A la baguette Michael Haussmann, celui-là même qui a réalisé le "Sexy Back" de Justin Timberlake. Tout comme toi, il aime raconter des histoires. Tout comme toi, on les comprend pas bien, mais ça va on aime. Comme dans "Sexy Back".

Voilà ce sera tout. Juste un message de service à l'adresse des caissiers de la superette. VOUS DORMEZ? LE MOULIN VA TROP VITE?!!
Réveillez-vous un peu là.

SMD - I Believe


Oh vous avez vu? SMD ont encore un nouveau clip. C'est notre troisième SMD dans les rayons de la superette. Moi je le savais pas c'est une cliente assidue qui nous l'a signalé. Je l'ai croisée au rayon produits frais, elle m'a dit "excusez-moi, où est-ce que je peux trouver du cranberries juice", je lui ai répondu un laconique "désolé ma chérie, on n'a pas d'ça ici", et la dessus elle a lâché "vouz avez pas le dernier smd non plus, vouz avez rien en fait ici" et elle est partie le sourire en coin, le nez en l'air et les yeux plissés.
Il n'empêche elle avait raison la bougresse, ces derniers temps j'étais pas trop à la boutique, et on est grave à la bourre niveau commande. La plupart des caissiers se font porter pâles en ce moment, d'autres sont carrément jaunes avec un mi-temps chez nous, un autre chez les on sait pas bien qui.
Il y a certes KS, qui bosse super bien, mais il discute un peu trop avec des garçons qui l'interpellent sans arrêt dans les rayons, pour le complimenter sur sa tenue ou bien sa manucure.

Bref suis allez rapide chez les collègues pour chopper le dernier SMD.
SMD, Simian Mobile Disco. Ils font de bons clips en général. Il y a eu les filles qui se font des bisous de Saam Farahmand, après on a eu le droit au clip de James Price.

Aujourd'hui c'est au tour de Romain Gavras de Kourtrajmé de cliper SMD. Romain Gavras continue dans sa lignée, un sillon tracé par son "Signatune" pour DJ Medhi. Romain Gavras met les mains dans le cambouis et la poussière ne lui pique pas les yeux. Il filme les gens, il les met dans des situations inopportunes mais drôlement pertinentes. Il les filme bien les gens, il force le trait, fait des travelling sur des mouvements de bras, joue avec le décor naturel, les couleurs et les gravats.
Alors on peut aussi trouver cette approche un peu ethnologue du lundi férié, un brin facile, un chouilla documentaire du dimanche, voire clip balavoine ou goldman des années 2000, oui on peut. Moi je trouve ça bien foutu, voilà.
Allez salut.

Gruff Rhys - Candylion



L'autre jour, le patron m'a pris par l'épaule.
Prendre des gars par l'épaule c'est son hobbie au patron. Ca et pincer des joues. Parfois ça en devient pénible, on l'entend pigner à la caisse, taper du pied en reniflant, c'est qu'il lui faut son épaule (ou sa joue).
Ce jour là, il avait une question à me poser. "J'ai un truc à te demander" il m'a dit (mais ouais, arrête ton char gros nain, tu cherches juste un prétexte pour me tripoter l'épaule). "Entre". Puis il a refermé la porte, fait quelques mètres, ralenti le pas. Je l'ai imité. Une intimité folle enveloppait cette pièce et nos mouvements au ralenti. Un dernier pied en suspens, à terre. Silence.
"Quand t'étais môme, tu utilisais un couteau ou une paire de ciseaux pour éplucher les haricots?"


Je l'ai regardé, je l'ai bien regardé. Nous étions immobiles l'un et l'autre, face à face, un peu à l'étroit dans la salle de pause entre la grande table en formica et les carreaux de faïence gris-blanc aposés sur le mur à ma gauche, là, tout près, où je m'appuyai maintenant le temps de reprendre mes esprits: pendant 5 secondes j'ai cru que le patron allait me rouler une grosse pelle.
"Je ne sais pas, je ne sais plus... Vous êtes fou".
J'ai pas osé lui dire que je faisais ça avec les ongles. J'avais peur qu'il me prenne pour un sauvage, un espèce d'enfant des favelas, peur qu'il m'imagine gamin, les cheveux hirsutes et le t-shirt taché de confiture, jouant au foot avec un sac en plastique.
Il a hoché la tête doucement, de haut en bas, les yeux vers le sol. J'ai bien senti que je l'avais déçu, alors, j'ai serré mes petits poings très fort et j'ai tenté de reprendre la parole.
"Ne dis rien". Son index s'était posé sur ma bouche. "Prends ton temps".
Et moi, moi qui retenais mes larmes, moi qui voulais tellement lui raconter quand maman me réveillait tôt les matinées de juillet, prétextant qu'on allait faire les courses à Continent, moi qui marchait toujours, qui descendait le long escalier le coeur en fête, jusqu'à ce que je découvre le panier rempli de haricots sur la table de la cuisine, rhô non maman pas encore, et elle pliée en deux, Doug a la télé, les mouches mortes sur le rebord des fenêtres. L'été quoi.
Mais je ne pouvais rien dire.
"Si ça ne te dérange pas j'aimerais être un peu seul maintenant". Il avait fini de hocher la tête et il était passé au regard dans le vide. Ce qu'il était pensif! C'était formidable.
Et beau, aussi.
Je suis sorti.

Plus tard dans la journée je l'ai revu, rayon truelles, sa main sur la joue de Redhotcar qui pleurait comme une fillette. Le patron avait du lui demander comment il tenait sa raquette au ping-pong, ou quel marque de sirop il préférait pour un lait-fraise, ce genre de trucs. C'était vraiment dégueulasse.


Voilà. Tout ça pour vous dire que dans cette vidéo de Gruff Rhys je retrouve beaucoup de la mélancolie de mes matins haricots. Sauf que lui il utilise des ciseaux, on voit bien que les favelas il connaît pas. Et puis à aucun moment il ne s'envoie un bout de papier kraft cru entre deux épluchages, comme ça, parce que les haricots frais c'est drôlement bon.


Avertissement: ce clip est mignon.

25.5.07

so 90s: Smashing Pumpkins - 1979 VS Janet Jackson - Go Deep

Lorsque le 12 fevrier 2006 je créais le rayon versus de la superette, j’étais loin d’imaginer alors que j’enfantais un monstre. Le versus dans la superette est une idée complètement folle inspirée par le courant nihiliste russe du XIXème mais rien à voir avec Bakhounine. Au départ il devait s’agir d’une opposition simple et gratuite entre deux clips n’ayant strictement et absolument rien en commun. Bon an mal an, la technique s’est affinée. Aujourd’hui le versus est un rayon fédérateur, synergique, familial. Comme le feu film du mardi soir. Il ne répond plus à aucune règle, c’est une fusée prise en otage par Wolf et son complice. En d'autres termes, l’opposition simple et gratuite est bannie. Maintenant c’est un versus. Point barre.
J’espère avoir été clair et que certains d’entre vous cesseront les intimidations.


Donc là déjà vous allez voir finalement ces deux clips ont énormément de points communs. Je vais les énumérer en utilisant des tiraits.

Compléter la liste :

- clip des années 90,
- les années 90,
- des plans en steadycam? avec harnais enfilé par le sujet lui-même,
- des jeunes,
- démission des parents, l'enfant roi, la tentation de l'innoncence,
- des jeunes qui s’amusent toute la nuit "We go deep/and we don't get no sleep/cause we'll be up all night/until the early light",
- des artistes proches de ces jeunes qui s’amusent,
- une maison avec des jeunes qui s’amusent,
- une piscine,
- des sanitaires,
- des flics à la fin,
- même réalisateur: le duo Jonathan Dayton et Valerie Faris,
- ...


"1979" des Smashing Pumpkins remportait un MTV Video Music Award Best Alternative Video en 1996 alors qu'à ma connaissance le "Go Deep" de Janet Jackson (1998), nan. Mais c'est un très bon clip, surement grâce à la steadycam? (en harnais enfilé par le sujet lui-même).
Sachez enfin que Janet Jackson c'est la soeur de Mickael Jackson.

23.5.07

The Tyde - Brock Landers vs. The Loose Salute - Turn The Radio Up

Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, vous, les "lecteurs", mais ils sont en train de nous détraquer le temps avec leurs navette spatiales et leurs satellites. C'est la mort du petit cheval. Résultat: des hivers caniculaires, des chutes d'astéroïdes en plein mois d'août, des pleines lunes tous les lundis. C'est n'importe quoi.

Je me souviens que de mon temps, à l'époque où on avait juste une orange à noël (et on était bien contents), c'était pas comme ça. Au mois de mai on avait beau temps, et tant qu'on avait la santé hein, franchement, c'était tip-top. Couve de Murville partait rejoindre Giraud à Alger, les filles un peu salopes du coin se chargeaient les lèvres de lanoline, le soleil et la gnaule les rendaient belles comme des balles.
Ah! Le petit vin blanc qu'on buvait sous les tonnelles! Jean Dréjac! 1943! Une époque.
Aujourd'hui, alors que les années 2000 moisissent sous une auto-satisfaction verdâtre d'être restée trop longtemps à côté du radiateur, nous sommes le 23 mai et il pleut à décorner des boeufs. Preuve s'il en était encore besoin que la "libération sexuelle" et le "web 2.0" c'est avant tout la mort des beaux jours et des vieilles photos de ma jeunesse.
Bref, qu'on soit bien clairs: je ne suis pas quelqu'un de réac', mais c'était mieux avant.


Bien, celà étant dit je vais maintenant vous les raconter ces deux clips:
1) Brock Landers, le clip de l'été dernier, débute par du surf, beaucoup de surf. Soleil, plage, tout ça. Une petite ballade en amoureux s'impose, eh les gars j'ai une glacière, moi un vélo, toi un mini-skate, génial. Et toujours du surf, des tonnes de surf. Tiens venez, on va jouer de la musique sur un rocher. Après on fera du surf, des bisous, une soirée entre amis, et encore de la musique sur un rocher. Enfin je le raconte un peu mal, mais retenez ça: du surf, du soleil, un rocher.

2) Turn The Radio Up, le clip de cet été, débute sur un globe terrestre (quelle habile métaphore du voyage, vraiment), et puis pouf, un soleil et du surf. Pour le rocher ils devaient manquer de budget. Le reste est anecdotique, disons que c'est une sorte de carnet de bord filmé, tandis que le clip de The Tyde s'apparentait plus à un instantané de journée à la mer.


Nous avons donc à faire ici, pour le plus grand plaisir des miens, de ceux de mon temps, à deux clips de droite. A mort de droite.
Sérieusement, vous savez combien ça coûte une planche de surf? Une combi? Une glacière? Les mecs qui font du surf on les connaît: ils portent des chaussures bâteau et des pulls marins, avec les boutons sur l'épaule. Leurs parents ont une maison à La Baule, ils sont inscrits à l'école de voile, comme ça c'est pratique leur teint reste hâlé jusqu'en novembre et les vacances à Megêve. Prendre des vacances, des vrais vacances, c'est avoir de la thune. Y en a qui passent leur été à désosser des carcasses de boeufs avec des beaufs pour se payer deux semaines de merde à Julouville, ouais, bah ils ont tort.
Et puis où tous ces jeunes bourgeois ont-ils appris à jouer de la guitare sinon chez les scouts? La morale du morceau de The Tyde c'est quand même "Jealousy will get you nowhere", soit "La jalousie ne vous mènera à rien, sales pauvres", vous voyez le niveau. Elle est jolie la fille de The Loose Salute? Moi j'ai connu des tuberculeuses en fin de mois qui avaient du potentiel, aussi.


En somme, sous des dehors rive gauche faussement bohêmes, il se dégage de ces deux clips, comme de toute activité de plein-air, une idéologie profondément pré-68arde.


Restez Gauchos. Lisez La Superette.

22.5.07

Kelley Polar - Chrysanthemum



Les chrysanthèmes sont des plantes annuelles ou vivaces appartenant au genre Chrysanthemum de la famille des Astéracées, dont certaines espèces sont très cultivées comme plantes d'ornement. Étymologiquement « chrysanthème » signifie « fleur d'or » (Ο χρυσος, l'or, et Το ανθος, la fleur).

Katerine a oublié d'en parler, en 2008 bientôt, l'écriture web c'est la pseudo-érudition wikipedia réécrite en style neokhagneux, avec éventuellement des mots-clefs franglais en couleurs skyblog, pour faire jeune. Je vais pas vous faire un dessin, il y a des jours où l'on se prend à rêvasser sur l'artisanat d'avant, un petit autre chose d'authentique qui aurait pris le temps d'être doux.

Avant de m'embourber dans un discours moitié néo-baba, moitié nouveau réac, je préfère vous parler de Kelley Polar, dont le succès critique m'avait étonné : son album rejouait un peu en vain la tendresse garantie en toms midis des maitres du nu - disco (Daniel Wang / Morgan Geist / Environ). Ce titre annonce du bien mieux, les sonorités millesimées s'emmêlent dans une chanson caressante, fleur bleue, propice aux siestes estivales, suffisament grâcieuse en tout cas pour nous donner l'envie de nous taire bien vite, de fuir 2008 et d'aller quelque part entre 1978 et 1988 chercher la fille sur le bras de laquelle on voudra s'appliquer au feutre.

20.5.07

Queens Of The Stone Age - Sick Sick Sick



La back door de la superette, se trouve au sous sol. Petite salle où chacun a ses habitudes inavouables, mais parfois quelques clientes innocentes nous demande d'ouvrir la trappe. Nous, nous exécutons, je sais toujours qu'a ce moment, Caissier sourira discrètement. Le vice et la grande bouffe trône sur la table, abondance de produits invendus, quelques chaînes au mur et un bruit sourd.
Jeune fille en fleur, s'annonce pour toi les dessous de la maison. Ici, Sade se passe la Grande Bouffe en écoutant le dernier QOTSA. Ici, traîne les âmes déchues des mauvais clients, un bout de doigt entre les dents, tu as faim ?

Ta culotte est de trop, jette-toi petite, dans la fange, ouvre la bouche et mange. Tes caissiers sont là pour toi, au petit-four, petits soldats de tes fantasmes, des congénères coulent le long de tes lèvres, ne résiste pas.

De la cuisine, les cris des mauvaises clientes, pas assez sages pour un crédit à la caisse, elles s'offrent pour passer à la casserole, un foie de vierge, une touche de vinaigre balsamique et notre ôte va jouir. D'en bas, des caissiers à l'œil vicieux, vous servent les meilleurs plats, de l'humain, de la chair fraîche, du pot au feu de fille en fleur le couteau entre les dents.

En remettant ta culotte, tu es tombée dans le plat, petite chute dans l'escalier, réception dans le grand faitout, de l'ail dans les yeux, on referme le couvercle.

Meilleur clip rock du mois.

18.5.07

Teki Latex - Les Matins de Paris



Rarement un clip n'aura autant ressemblé à l'image qu'on s'en faisait. Lorsqu'on a découvert la pochette des Matins de Paris - plus Akroesque, tu meurs - on imaginait déjà une vidéo avec des volumes fluo, des sneakers et de l'érotisme bubble-gum. Alors évidemment, on n'est pas surpris par cette vidéo. On a juste envie d'aller voir Teki Latex, de le prendre par la main et de lui expliquer que ce n'est pas parce qu'il n'a pas de marionnettes aux Guignols qu'il doit se parodier lui-même.

Attention : cette introduction a été écrite alors que je n'avais vu que le teaser du clip.

Maintenant que j'ai vu que le clip dans sa totalité, je dois revenir sur mon impression de départ. La fin de la vidéo me trouble beaucoup : ce fluo qui recouvre les toits de Paris et s'envole vers le ciel a quelque chose de magnifique. Teki Latex, lui, le prophète maudit (qui rêve, isolé dans le désert, d'un tube signé Leslie feat. Amine, prod. Para One) ne nous ferait-il pas une nouvelle prédiction : le crépuscule du fluo ?

Ces géométries colorées qui s'envolent vers le ciel signent comme la fin d'une époque. Ces Matins de Paris ne seraient-ils pas les Matins en sortant du Paris Paris, Yuksek, Surkin, Bobmo, Pharrell plein les oreilles, un spleen dans la tête, le rêve d'une autre époque ? Le rêve d'une refondation musicale, d'une Superette qui reviendrait au rock, au rap et à l'électro sombre. Le fluo s'envole vers le ciel, on ne le regrettera pas. Ce n'est qu'avec nos petits-enfants sur les genous, un Werthers Original dans la main gauche, qu'on tressera les lauriers de cette époque, en sortant du buffet du salon un vieux catalogue American Apparel.

Et là on versera une larme fluo, en souvenir de l'érotisme froid de Lio, de cette époque où les filles dans les clips ressemblaient à des wallpapers kitschs.

17.5.07

The White Stripes - Fell In Love With A Girl vs. Fujiya And Miyaji - Ankle Injuries


Pour introduire ce versus, je pourrais faire une liste des différences entre les White Stripes et Fujiya and Miyagi. Ca commencerait par "les coupes de cheveux" et ce serait extrêmement long, je vais vous épargner ça. Bon. Ensuite, admettons que je choisisse un style narratif pour ce post. Je pourrais faire comme dans mes rédacs de CM2, Pierre et Paul vont à la mer, Pierre a du crack,
racontez la suite, élément modificateur/péripéties/situation finale (Paul est tout pâle), les White Stripes et Fujiya and Miyagi n'ont pas grand chose en commun, liste, coupes de cheveux, tactactac, MAIS, le MAIS en gras, Wade Shotter, le mec qui a réalisé Ankle Injuries, voue, Ankle Injuries le morceau de Fujiya and Miyaji hein, un véritable culte, qu'il voue, Wade Shotter (ce serait complètement décousu) au clip en légos de Michel Gondry pour le Fell In Love With A Girl des White Stripes, en légos, tiens je l'ai écrit deux fois. Ca n'irait nulle part. Péripéties: l'opposition dés/légos, un développement sur les inégalités sociales dans les jeux d'enfants (le domino comme élément identitaire des artisans boulangers), un point sur les billes, vie et mort d'une bille, et comme Fujiya and Miyaji ça sonne japonais je placerais le mot mahjjong comme ça, sans vérifier l'orthographe, "Paul ça va? Tu n'as pas l'air dans ton assiette.", ce serait n'importe quoi, déjà quel point sur les billes? Wahou, vivement un clip avec des images animées à base de billes? Quel post abominable. Remarque j'aime bien la mise en page, ça fait compact. En situation finale j'avais pensé à comparer les scores youtube, genre le clip de Fujiya machin (et entre nous quel idée d'avoir un nom de groupe pareil, ces gens n'ont aucune considération pour les vidéo-blogeurs pressés c'est pas possible, quel mépris du petit peuple, je comprends mieux leurs jeux de sales bourgeois maintenant, mahjjong et compagnie) en est à 200000 visionnages en une semaine contre 13000 en 4 mois pour les White Stripes (la honte) ce qui nous donne un ratio de 15 pour 1 par mois soit 72%. Une patée. Soudain, une idée, l'horreur, au lieu de me fendre la bûche à raconter n'importe quoi sur des vidéos que tout le monde a déjà vu je ne vais strictement rien foutre et me contenter de construire tout ce versus sur les commentaires youtube de chacune des des deux vidéos, très bien, je laisse ça aux passionnés, à des mecs qui vivent à fond la caisse, en plus c'est vraiment une idée du tonnerre puisque tous ces commz sont en anglais et que les égarés de l'internet qui viennent chez nous via google translates pour regarder le clip de "All Taxes Included - Telephone" vont enfin comprendre quelque chose à l'humour français. En gros ça donnera:
-"Michel Gondry is a genius. This video is amazing, this is insane, this is wicked cool. It's so clever, very trippy at parts. I love the song, one of my favourite white stripes songs. The stripes always have the greatest music videos. One of the best viedeolips ever."
vs.
-"I just bet my bro $40 that i can get 100 subscribers TODAY PLZZZ HEEEEELP!!!!! (perdu) Hey yourencoretoday2 get a life and stop spamming. You must have an extremely boring life if all you have to do all day is spam videos. Check out my vids please!! =) I'm always looks for friends/subcribers. I seem to doubt that this was done with real dice (l'arnaque). Maybe with a simulated program or something.


Une conclusion. Vite.

"Bref, y a pas photo".

Et bah laisse tomber.



Fujiya and Miyagi et The White Stripes seront au Primavera Sound le jeudi 31 mai.

15.5.07

Apostle Of Hustle - National Anthem Of Nowhere


"Hola Gabachos!"
"Pépé! Pépé!" Pépé était de retour.

Tout a commencé début avril, un soir où le patron nous avait tous convoqué dans son bureau en formica. Il était en nages. Il nous raconta qu'il avait passé la journée au Monoprix de la ZAC Sud, "pour trouver l'inspiration". "J'ai faim d'innovations, de nouvelles stratégies" nous lança-t-il, "je veux repousser les frontières de la communication évènementielle, les pulvériser à coups de promos catalogues". La sueur avait déjà légèrement bruni les contours de sa chemise blanche à manches courtes devenue transparente, et sous laquelle on devinait maintenant un marcel beige, en coton. "J'ai eu une idée" (merde, encore) "Mes cocos, on va faire une journée espagnole". Blanc, stupeur. Le patron n'était pas peu fier de son effet, il a repris la parole en nous expliquant que les clients raffolaient de ce genre de trucs, qu'après une bonne journée de travail rien de tel qu'une initiation au flamenco, entre le rayon textile et le rayon pâtés. D'ailleurs toutes les grandes surfaces faisaient ça. "Patron, vous avez du jaune, là", lui dis-je tout en désignant les commissures de mes lèvres. "Ouais, la paëlla du Monoprix était pas dégueu" répondit-il, "Et pour la peine tiens, c'est toi qui t'y colle".

Croyez-moi, ce ne fut pas facile à mettre en place. Il a fallu acheter des fanions et des castagnettes rouges et jaunes, pour donner un air de fête et mettre un peu de fantaisie dans les rayons, et puis surtout il a fallu trouver un clip. Celui de Mendetz s'est vite imposé, mais restait à trouver un fournisseur, or le patron ne voulait pas traiter avec des distributeurs hexagonaux, il voulait qu'on se fasse livrer directement d'Espagne, pour faire plus authentique. Mais évidemment, personne là-bas n'acceptait de faire le déplacement pour une seule vidéo. Aujourd'hui encore, je me demande comment le patron a fait pour convaincre cette boîte, à Cordoue, de se taper 1600 kilomètres pour nous livrer. "Patron, vous avez du blanc, là". "Oh ta gueule".

Enfin voilà, c'est comme ça qu'on a fait la connaissance de Pépé. En arrivant il faisait un peu la tête mais on s'y attendait, alors pour le mettre à l'aise on s'était tous habillés en toreros. On lui a offert une petite tour eiffel et une boule à neige de Paris, et puis après on a piccolé et c'est comme ça qu'on est devenu copains.

En repartant, Pépé nous avait laissé de la réclame, pour le Primavera Sound. On a regardé la liste des groupes, l'oeil embué et brillant, c'était magique, on a signé tout se suite. Le temps que Pépé rentre à Cordoue, troque sa Seat Ibiza contre un 5 tonnes rouge et blanc rempli de vidéos, et il était déjà de retour.
En l'aidant à décharger, tandis que j'empilais les clips des artistes du dimanche, Malajube, Of Montreal, je suis tombé sur le National Anthem Of Nowhere, d'Apostle Of Hustle. J'ai fondu en larmes. "Pépé, c'est trop beau. Emmène moi avec toi, dans ton pays de lumière". J'ai entrevu une petite moue sous sa moustache, il m'a dit "Vale, te venderé a gitanos" et j'ai compris qu'il acceptait.

Enfin voilà, c'est comme ça que cette année, la superette se retrouve au Primavera Sound de Barcelone. Pour fêter ça, on inaugure un nouveau magasin dans la galerie commerciale qui sera entièrement consacré au festival, avec des clips des artistes présents, des infos sur la programmation, des compte-rendus de concerts ainsi que des surprises (c'est pratique d'annoncer des surprises, ça n'engage strictement à rien).
Pendant les trois semaines à venir, rendez-vous ici, donc.

Ah y este documento es un video-clip para la cancion "National Anthem Of Nowhere" del grupo Apostle Of Hustle, sacada de su disco "National Anthem Of Nowhere".
En este documento se desprende un ambiente de miedo. Los directores, Jeffrey St. Jules y Adrienne Amato, hacen resaltar la falta de comunicacion en nuestra sociedad valiendose de una mezcla de imagines animadas y de secuencias reales.
Es una cancion muy bonita, tanto como el disco que acaba de salir a la venta.
A modo de conclusion, podemos decir que la escena tiene lugar en un barco.
Hojala saque un 20!

14.5.07

Lavender Diamond - Open Your Heart


Promis, c'est la dernière fois. Ce clip, là, et ensuite walou, point final. Hop, terminé. Et ce coup ci pas question de tergiverser: notre décision est prise et elle est irrévocable. Nous ne reviendrons pas sur nos engagements.
Ce coup ci, c'est pas du pipeau.
Soit dit en passant, l'autre jour, déjà, on a failli. En fait on avait beaucoup hésité, mais on avait fini par poster du bout des doigts. Malgré tout, après cet épisode on sentait bien que la fin approchait, que c'était inévitable. L'idée que la prochaine fois serait la dernière s'est vite imposée comme une douce évidence.

Dans l'air traînait l'idée qu'une page de plus se tournait, encore, dans les rayonnants rayons de la super superette.

Car ce post, tragique, est le chant du cygne du libellé GRS.

Voyez-vous mes zouaves, la superette ce n'est pas que de la rigolade. La superette a des responsabilités: elle participe à l'équilibre général du monde moderne de par son rôle fondamental de régulateur social, notamment à l'égard des plus jeunes, qui nous lisent en nombre entre deux albums de Léo et Popi*. Face à la démission des parents, si la superette ne fixe pas à ces sinistres marmots les cadres normatifs nécessaires à l'immobilisme social, qui le fera? Qui prendra en charge la pression sociale qui permettra de maintenir en place le conformisme triomphant qui fait tout le charme de nos sociétés post-nucléaires? Profondément holiste, épris de violence symbolique, adepte de suicide durkheimien, je viens à l'instant de vous étaler à peu près tous les concepts sociologiques que j'ai retenu de ma terminale ES.

Mais passons. La superette ne peut tout simplement pas se permettre de poster davantage de clips avec des roues, des couleurs et des gourdasses en patins. Elle ne peut tout simplement pas se permettre de participer, voire de contribuer, à la marshmallowisation générale de notre société et, par la même, à la disparition de nos fondamentaux les plus chers (guerre, haine, body-building). Les enfants qui aujourd'hui nous lisent, qui aiment ce genre de clips, s'en nourrissent, ne seront pas prêts, demain, à affronter le monde. Ils doivent savoir, ces nigauds, que la rue ce n'est pas un grand parc Walibi où on vous offre des fleurs et des oeufs durs. Que dehors, c'est la jungle. Que Mad Max, c'est un documentaire.

Alors voilà, stop, on arrête. On a grandi. On a aimé cette mode, mais maintenant on a hâte que Queens Of The Stone Age et les White Stripes nous sortent les deux meilleurs albums de Black Sabbath. On a aimé le mini piano en carton dans le clip mais on préfère les motos et les tronçonneuses. On a aimé quand les filles débarquent et dansent n'importe comment mais ouais, ouais, c'est vrai que c'est bien marrant. Et puis la petite fille avec son oeuf c'est mimi, oh et le mec avec les ballons, avec son petit sourire j'aodre. Et à la fin, le gars sur son palier, et l'oisillon qui sort de l'oeuf, trop kawai, oh ouais. Oh je craque, je craque, vite, vite, un câlin.

Le clip est réalisé par Sia Furler.
"Tiens, Sia Furler! On t'a connu chanteuse chez Zero 7".
Sia Furler aurait sans doute aimé qu'il fasse plus beau le jour du tournage mais hein, que voulez-vous, on ne peut pas lutter contre la météo.
Quant au morceau il est relativement anecdotique, pour les jolies chansons avec "heart" dans le titre on ira plutôt voir du côté de The Bird And The Bee.


(*sous réserves)

13.5.07

Au Revoir Simone - Fallen Snow


Ma douce, ma mignonne, ma nouvelle robe Chloé se morfond dans les limbes d'un tiroir empli de souvenir comme s'il avait mille ans. Ta main au creux de ma paume, irons-nous voir si la rose...mon enfant, ma soeur, songe à la douceur des pétales déclos, et du vert paradis des amours enfantines...
Scrutons par les persiennes de la cabane, ma soeur, ma soeur, ne vois-tu rien venir ? Au gré des sinueuses courbes de ta carte enchantée, parcourons le pays de Tendre et ses vallées où se propage à l'infini l'écho de nos voix, et où les plumes sombrent dans les rivières. Les plis de ton jupon déployés dans l'onde et ton pied battant la surface tourmentée se jouent des rais lumineux d'un soleil complice. Au terme de ta quête et du filin de ta canne rustique, gît le secret des mélopées, en fasce contre-fascée d'argent et gueule...

!!! (chk chk chk) - Must Be The Moon



"Chéri, il t'en reste un peu sur le nez."

Pratique voodoo du vendredi soir, peintures de guerrier, incantation mystique dans la cuisine, la recette secrète. Drague la mort et attend, basse pelvienne, chamane et bitch, en substance le début d'une bonne soirée. C'est, c'est sûrement la lune, pleine ou chargée, selon toi ? La lumière baisse, les culs se lèvent, tu dis quoi ? Touche la transe, danse sur la ligne blanche, un pas en avant, deux en arrière, une rotation et les yeux se ferment.

Non, embrasse-moi, maintenant, mon sang coule et mon âme fond, tous en cercle près du pentagramme, nos amis nous feront l'amour. La quête, la chasse, les prières du vendredi soir, plus vite, moins loin, là mon lit, ici mon corps et la bas ma tête. Fée décadence, on recollera les bouts demain.

J'ai vendu mon âme au diable, cinquante euros pour frôler le grand mur, sauf que je tape dessus, laissez-moi entrer, je suis un homme de richesse et de goûts. Et j'ai un mojo, il s'appelle revient.

Must Be The Moon, second clip pour !!! extrait de leur excellent Myth Takes, on bronzera cet été sous la lune.

Digitalism - Pogo


Assurer l’acquisition de comportements et de savoir-faire opérationnels chez les caissiers de la superette, c'est mon leitmotiv de tous les matins. Aujourd'hui c'est dimanche. La Superette est ouverte, mais je suis seul dans les rayons. J'ai donné aux autres caissiers leur matinée. La boutique est un peu vide, pourtant les premiers clients ne tardent pas d'arriver. Et si l'on s'en réfère au récent rapport d'étude concernant la zone de chalandise de la superette, je crois que ma signalétique en faveur du nouveau clip de Digitalism va payer.

Oh c'est un clip qui provient d'Allemagne, sous-traité à Paris. Une commande effectuée il y a peu, les délais ont été respéctés manifestement, même si notre caissière a semble-t-il oublié de le mettre en rayon. D'ailleurs je vais en profiter pour gérer le compte d’exploitation du rayon Kitsuné.
Ce clip n'est pas sans me rappeler l'essoreuse à salade: Rotation, accélération, force centrifuge, séparation de corps dense et moins dense, des corps nus et moins nus. N'as tu jamais été fasciné par l'essoreuse à salade? Non, ne dit rien, qu'importe la réponse, ce clip est pour toi.
Le premier album de Digitalism Idealism sort le 21 Mai.

Il faut absolument que je bâtisse un plan d'assortiment parce que bon l'été approche, le festival de Cannes, Rolland Garros, on risque d'être trop occupé.

12.5.07

Moi Caprice - Town And The City


Hier matin j'ai fait un rapide inventaire des vidéos en stock avant le rush du samedi. J'y ai passé pas mal de temps, j'ai fouiné, trié, réorganisé, des heures durant, fouiné, trié, réorganisé, jusqu'à la tombée de la nuit, fouiné, trié, réorganisé, et j'en suis finalement parvenu à cette conclusion implacable: ce matin nous n'avions que deux vidéos en stock.
"Zut, elles ont intérêt à être biens" je me suis dit.
La première était un plan fixe de deux minutes sur des souris. Merde. La deuxième alors. Un groupe danois la deuxième, pourquoi pas tiens, allons-y, regardons ça.

Et là j'avoue que je suis resté un peu perplexe.
Le nom du groupe déjà, "Moi Caprice". Rien que de l'imaginer en lettre d'or sur la gondole du jour j'en avais la nausée. "Autant s'appeler "La Défaite"" je me suis dit, et puis j'ai pensé au groupe Je Suis France, je me suis demandé si il y avait une sorte de private-joke entre eux, un concours qui justifierait cette escalade dans la ringardise, et merde, merde, deux minutes sur des souris? Je peux pas.
Alors j'ai regardé quand même et non vraiment, perplexe. La vidéo commence par une galerie de portraits, de gens tournant lentement leur regard vers la caméra, l'air gauche et néanmoins concentré. A un moment je me suis cru dans une pub pour EDF/GDF, je guettais la voix-off un peu moralisatrice qui nous expliquerait qu'on a tous besoin d'énergie hein, les gars, et le slogan "Des hommes, des femmes, de l'électricité, du gaz", on un truc du genre, avec "demain" dedans.
Ensuite viennent les sous-titres, c'est là que ça devient un peu retors. En fait tous ces gens d'EDF/GDF ont en commun un certain Mickaël, et ils évoquent tour à tour leurs souvenirs avec lui, le tout dans une ambiance gentillement mélancolique et désuète. Fin. Bof. Déjà fait, déjà vu (pensez à Out Of Time par exemple).

Sauf que, et ça ne m'est apparu qu'au deuxième visionnage, cette vidéo a un truc.
Pour en avoir le coeur net j'ai été jeter un oeil sur d'autres vidéos du groupe et je suis formel: Mireille Mathieu est en première page de youtube pour "moi+caprice". Merde. C'est vers ce moment là que j'ai soudainement considéré les plans fixes de souris comme un truc super avant-gardiste. Parce que bon, elles tournent dans une roue, c'est métaphorique, c'est... enfin...
Un truc bordel, il y a un truc. Le morceau? De la pop ordinaire, pas d'entourloupes. La morale? "It's the same, the town and the city rain, but you seem to see a difference"? Trop cryptique, trop plat. Non, un truc. Juste un truc. Et on ouvre bientôt. Merde.

Alors à ce stade de l'écriture, j'avoue que jétais persuadé que le truc en question me viendrait tout en écrivant ce post, que de coucher tout ça à la va-vite au dos d'une fiche de paye ça m'aiderait à y voir plus clair. J'avais raison. Et oui mes minous, j'ai fini par comprendre: ce clip de Town And The City est effectivement un excellent produit car il joue dans le registre de l'absurde comme dans celui de la tragédie, de sorte qu'on ne sait jamais s'il constitue une immense blague ou s'il se veut sérieux. En somme, il maintient un parfait équilibre entre deux genres, une sereine mesure qui lui confère un charmant mystère. Bref, c'est pas de la gnognotte.

Et de toute façon c'était ça où un docu-fiction sur les rongeurs.

Alors bon week-end.

11.5.07

The Blow - Parentheses vs. Yacht - See a Penny (Pick It Up)

Quand le patron est rentré du congrès national des superettes (qui se tenait comme chaque année en région côtière), il était surexcité. Il nous a tous réuni pour nous parler de facing, j'ai rien compris, et puis il a enchaîné sur l'attention à la clientèle. A ce niveau de la MUC (Meeting des Unités Commerciales), il avait déjà commencé à s'arracher des poils du torse et ses yeux étaient pleins de sang. Il nous a dit qu'on devait s'inspirer de la méthode allemande, donner l'impression aux clients d'avoir du pouvoir sans leur en concéder, ensuite il a cité Elmut Kohl, hurlé "Höchstleistung, höchstleistung!", et puis il a fini par baver. Ca lui arrive quand il a des potentialités d'idées convergentes.
En tous les cas, y allait avoir du changement, c'était garanti. Et d'ailleurs ça a pas traîné: dès le lendemain, à côté de la caisse n°2, entre les pez et les mentos, le patron avait installé une "boîte à suggestions" pour les clients. La révolution.
Bon pour l'instant la boîte à suggestions est assez rudimentaire, c'est une sorte de boîte à chaussures surmontée de quelques post-it et d'un crayon de bois, mais quelle fierté dans la voix du patron quand il nous lance ses incessants "T'as vu la boîte? T'as vu la boîte?" dès qu'il nous croise dans les rayons(Elise n'a d'ailleurs pas tenu le choc, elle a fondu en larmes en criant "mais non, arrêtez avec ça, j'étais dans la réserve, j'ai rien vu")!

Quoi qu'il en soit ce nouveau dispositif marketing est un grand succès, nous avons déjà reçu deux suggestions. Elles font d'ailleurs l'objet de ce post.


Tout d'abord la petite Clara, 12 ans, nous écrit ceci:
"Chère Superette, je voudrais que tu mettes le dernier Rihanna en rayon, tu sais, celui avec Jay-Z. Avec mes copines on aime bien faire ses chorégraphies, et dans ce clip elle en a des nouvelles. Alors, tu peux faire ça pour moi S'il te plaît? Merci!! Je te fais de gros bisous."

C'est vraiment trop mignon, elle a même dessiné des petits coeurs autour du mot "superette". Eh bien Clara, mon petit chou, du haut de tes 12 ans tu peux bien aller te faire foutre. Rihanna est une pouf et sa vidéo n'a aucun intérêt. A la rigueur, Gonzo en parlera bientôt mais son post risque d'être un peu salace et je te conseille de bien apprendre à l'école plutôt que de le lire, tu écris comme une petite souillon. Je te dédicace néanmoins ce clip de The Blow, un bel hommage aux amitiés viriles, ça va t'apprendre la vie.

The Blow est un duo américain super cool, genre super lo-fi. Parentheses sonne très pop, le clip est un karaoké essentiellement animé qui se termine par une mise en abime de fou furieux. C'est réalisé par The UniBros et, pour résumer les 26 commentaires sur youtube, "c'est mignon".


Bénédicte, 20 ans,nous suggère quant à elle ceci:
"Salut la superette, je suis décue de ne pas trouver en rayon le clip de Diam's pour Ma France à moi. J'adore cette artiste, je trouve... [je vous épargne cette partie, elle est atroce]. Le clip est excellent, on y retrouve notamment Pascal Grégory. Bisou."

Non mais c'est pas vrai, que des cruches! Ma pauvre Bénédicte, je crois que tu n'as pas bien saisi à qui tu t'adressais : la Superette a quand même été citée dans Télérama je te ferais dire, ce n'est pas la foire à la saucisses ici. Et en plus tu nous envoies juste un bisou vite fait, pas un merci, que dalle, ET LES COEURS HEIN SALE RAPIA??!! Allez tiens, un clip de Yacht, ça va t'apprendre le don de soi.

Yacht est le projet solo de Jona Bechtolt, moitié de The Blow (mais pas seulement). D'où le versus. Sa vidéo est très récente et très drôle. Je ne sais pas ce que s'il passe exactement dans la tête de quelqu'un qui se lève un matin en se disant "tiens, pour mon clip je vais le jouer le rôle d'un penny", mais je remercie Yacht d'avoir eu cette belle idée, son interprétation est somptueuse. Je recommande également le making-of.

C'est un très joli versus.

Ah et n'hésitez pas vous aussi, à nous envoyer vos suggestions. On est chauds.

9.5.07

Datarock - Computer Camp Love


En guise d'introduction, je vais vous définir le sensationnel concept de "computer camp" à coups de mot-clés: "bijoux" et "drogues". "Sexe". "Champagne". "Glamour", mais "subversif". "Boudoir", "clavecin", "masques"? "Guêpière". Voilà, vous l'avez.
Eh bin le computer camp c'est précisément et strictement l'inverse de ce que vous êtes en train d'imaginer, soit une concentration de geeks palôts au look imbitable, agités de rêves numériques humides où se confondent obsessions pour la princesse Leia et pour le Commodore 64 dans des scènes de cyber-sex bionique complètement abominables (et néanmoins polissonnes). (En gros).

Quand l'homme a inventé le village, l'invention des idiots du village s'est imposé à lui comme une nécessité. Autant le jour où il a inventé la roue l'idée d'inventer des idiots de la roue ne lui a pas sautée à la gorge, autant là, dans le cadre du village, l'idiotie s'est imposée comme étant socialement indispensable.
Je me souviens que dans un excellent sketch des Monthy Python, Arthus Figgis (John Cleese), professeur d'idiotie à l'université d'East Anglia, nous expliquait d'ailleurs à ce sujet ce que confirmerait n'importe quel sociologue en fin de vie:
"Well I feel very keenly that the idiot is a part of the old village system, and as such has a vital role to play in a modern rural society, because you see [...] There is this very real need in society for someone whom almost anyone can look down on and ridicule. [...] And so you see the idiot does provide a vital psycho-social service for this community"

Eh oui les amis.

OR, l'internet, et ça mon prof de technologie m'en a convaincu dès la 5ème, n'est ni plus ni moins qu'un gros village (un mythe en miettes au passage, quel bargeot ce M. Baudry), et en tant que tel il a inévitablement supposé, motivé, généré même, l'invention de geeks, "d'idiots de l'internet", d'espèces de caricatures de ringards neurasthéniques à boutons dont l'internaute lambda pouvait d'autant plus aisément se moquer qu'ils lui permettaient de perdre de vue l'espace d'un instant toute la vacuité abyssale de sa propre vie de merde. En somme, et c'est là où je voulais en venir depuis que j'ai tapé le mot "guise", les geeks ont sauvé le monde virtuel. Parce que si on ne les avait pas créé ces monstres, ces horreurs, on en serait tous au même niveau de misérabilisme, à s'envoyer des asv tu suces? sur caramail, et ce serait la troisième guerre mondiale et on perdrait contre les machines.

Bref, si vous voulez préserver l'équilibre du monde en général et de l'internet en particulier, je vous conseille vivement de rire en regardant cette formidable vidéo réalisé par Pascal Forneri and Antoine Bouillot, de la Parallax Corporation. Cocorico.

Et bon sinon vous connaissez déjà Datarock hein, ici on a tellement aimé Fafafa qu'on l'a posté deux fois.
Un an de date et ce morceau est toujours frais: c'est l'école scandinave.

8.5.07

Snoop Dogg - Boss Life


De très nombreux clients sont venus se plaindre, une queue de plusieurs dizaines de mètres, se réclament des A.Q.V.S "Amateurs de Qualité Visuelle et Sonore", ils avaient un peu les glandes à vrai dire. On pouvait lire sur les pancartes des "Où sont les bitch ?", d'autres "le R'n B vaincra", un "Gonzo à poil", enfin "Donnes nous un bon clip sinon on te bute".

Dont, acte.

A la Superette, on est à votre service, nus nous la blouse, près à servir la veuve et l'orpheline, des journées à scruter la moindre petite culotte à l'écran. Ca c'est dans tes rêves, la réalité est plus pure.

Cigares sur cigares dans des appart de luxe, les yeux vitreux de suffisance, quelques bitch qu'on ignore, trop blasé, le PIB de l'Angola dans nos fringues. Une équipe des meilleurs directeurs de la photo, décorateurs, maquilleuses, designers pour sublimer le moindre de nos gestes.
C'est la vie des boss de la Superette, des petits pas de danses avec le meilleur des Champagnes, Caissier anime les refrains avec classe, on s'est même offert la meilleure caisse claire de 2007. Rien ne peut nous tester, on pimp plus devant la glace, que ta sœur devant MSN.
Des années à peaufiner nos mous dubitatifs, les doigts à l'aise sur le clavier comme nos pieds dans des pantoufles dorées.

Un post pour les blogs, de l'ouest à l'est, du sud aux clubs.

Aucune réclamation.

Tracey Thorn - It's All True


Ces derniers jours j'étais au congrès national des superettes qui se tenait comme chaque année en région côtière. C'était assez sympa, j'ai vu d'anciens collègues et des petits nouveaux. Oh rien d'original concernant la thématique de cette année, les débats se sont concentrés une nouvelle fois sur le facing (ou frontal). Je ne vais pas entrer dans le détail de l'impact en linéaire, de l'intensité concurrentielle de la catégorie de toutes façons vous le savez aussi bien que moi, plus le facing est important, plus les opportunités de contact et donc de visionnage de clips sont importantes. Toutefois, je compte bien faire un point sur la question avec mes caissiers lors de notre prochaine réunion. Bon sinon on a parlé transfert en buvant une petite Suze, pendant que les hôtesse du sponsor centenaire d'enaff le pâté nous faisaient du charme avec leur maillot en texture allu.

Pendant ce weekend j'ai pu aussi goûter de nouveau aux joies du clip sur un grand écran, sur une vraie TV. Mon dieu, quel bonheur? N'est-ce pas chanmé à vrai dire. J'ai bon espoir que la qualité des dailymotion et autre youtube s'améliore rapidement, en attendant il faut bien prendre notre mal en patience. Tenez par exemple ce "It's All True" de Tracey Thorn doit prendre une tout autre dimension sur un vrai support. Une telle débauche d'énergie mérite la plus grande des scènes, d'aucuns diraient le plus grand cabaret du monde.

C'est un autre caissier qui l'a remarqué au congrès, un clip de 2006, originaire de cette page "textura". Vous allez voir, c'est assez joli: Un seul et unique plan d'ensemble, un décor figé et bien délimité, entre 100 et 140 personnages en mouvement, une sorte de chorégraphie ça y est le mot est lâché. L'élément central qui du reste n'est pas au centre c'est Tracey Thorn et ses vêtements d'une autre couleur, immobile elle est mise en valeur par les dizaines de danseurs qui s'agitent devant leur bureau comme des robots. Un clip signé Si and Ad.

Pour les plus jeunes d'entre vous, Tracey Thorn c'était le garage "Missing" de Everything But a Girl, tube des 90s.


Et puisque on parle de clip je vous renvoie au "Protection" de Massive Attack feat Tracey Thorn, le voilà maintenant dans nos rayons.

7.5.07

Malajube - Etienne d'Août vs. Numéro ft. Omnikrom - Chewing-gum Fraise

Oh, croyez-moi, je sais dans quel état vous êtes. Vous êtes désemparés, vous êtes fébriles et vous êtes tristounets. Vous avez grave les boules. Ce matin, après 12 ans de chiraquisme, vous avez enfin réalisé que 53% de votre entourage était de droite. Soit votre père ou votre mère + le chien; la moitié de vos collègues + votre patron; la moitié des gens dans le métro + le chauffeur.
Vincent, Gonzo et Elise + Pek.

Oui, la situation est préoccupante, mais la Superette va rallumer une lueur d'espoir dans vos yeux gris car la Superette a le remède à vos maux: Le Canada.

Emigrez! Fuyez! Et installez vous à Montréal. A vous toute l'effervescence de Rock'n'Doudou dans la vraie vie. A vous les piknik électronik, les shows au club Lambi, les croustilles torrides à la Boréale et les partys de malade à la vodka-canneberge. A vous les sauts en l'air pour se réchauffer. Montréal, c't'une ostie de bonne place.

Et si ça ne suffit pas à vous convaincre, jetez donc un oeil sur ces deux clips montréalais sélectionnés par Doudou, invitée d'honneur de la Superette aujourd'hui, parce qu'ici on aime son blog autant que sa ville.



En 2003, on entendait déjà beaucoup parler de Malajube sur les radios universitaires du Québec. Depuis, ils ont sorti deux albums complets; ont tourné dans le reste du Canada, aux Etats-Unis et en Europe; ont sorti 1,2,3,4,5 vidéos tous plus jolis les uns que les autres; et en mars dernier, ils présentaient leur sixième. Le clip de la chanson Étienne d’Août (Trompe l’œil – 2006) a été réalisé par NúFilms et est pour le moins différent des précédents. Les superbes images de cette vidéo donnent aux paroles touchantes de la ballade une autre dimension. Coeurs sensibles s'abstenir. Le groupe est présentement en tournée européenne. Profitez-en car si vous aimez ce que vous entendez, dites-vous que sur scène, c'est 100 fois meilleur.



Il y a maintenant à peu près 1 an que les fans de Numéro# fredonnent cette chanson catchy et lycée-pop-bonbon. À ce moment uniquement accessible en concert, il nous a fallu attendre la sortie de l’album l’idéologie des stars en novembre 2006 pour pouvoir l'écouter à répétition. Et c'est seulement maintenant que l'on peut enfin voir les images accompagnant ces paroles de nostalgie d'adolescence. Les vilains garçons qui, à 01:15, viennent démolir le sous-sol et doigter TA soeur sont Linso Gabbo et Jeanbart du groupe Omnikrom. Omnikrom qui après deux EP (2005, 2006) sortent cette semaine leur premier disque, Trop banane!, où l'on retrouve plein de bonnes pièces dont la controversée Danse la poutine avec TTC.

L'idéologie des stars et Trop banane! sont disponibles ici


Doudou.

6.5.07

The Shoppings - 1997 - 2007 : Colette VS Tu Fais Quoi Dans La Vie ?


Tu vois, je suis pas vraiment le genre de mec à qui on peut faire manger un tube Myspace, j'ai pas non plus l'âge d'écouter Delerm et des listes de noms (même Souchon s'y met), je suis plutôt le genre de mec qui aime râler. Alors comme on me dit "Tu fais quoi dans la vie ?" et que je réponds "ouais je fais ça, ça et ça", et que la fille ri bien fort car je suis pas au top du buzz Myspace, je rigole tout bas.

Alors, je vais le faire, je vais parler de The Shoppings, même si Colette je m'en tape comme de ma dernière cuite. "1997 – 2007 : Colette", que des rimes en ETTE, la puissance. Les ETTE font partie de mes sonorités préférées, avec le nom des filles en IE (Emilie, Elodie, Lucie, Julie…). Parfois j'avoue un faible pour les rimes en UCK, car on peut dire pleins de gros mots et que le K claque bien au bout de la langue comme le fouet sur ton dos.
Les L sont sympas aussi, un peu plus love, mais on est au mois de mai, alors je vous en donne quelques unes "elle, belle, miel, truelle".

En voilà pour le premier clip, sorti il y a quelques temps.

Second acte. Le clip de leur tube Myspace.


Plus de rime chouette, Sarkozy président, clip insignifiant. Les Shoppings ne sont plus mes potes. Ils ne l'ont jamais été, juste que le clip d'avant était potable, j'aimais bien sa main dans la veste, belle posture, ça a duré 30 min le temps de trouver du bon là où le mauvais semblait gagner. Maintenant, on est dans la Hype 2007, celle qui existe plus depuis 1997. Myspace cheap, un naufrage visuel. Un score à la Ségolène, une branlée sonore. Moins d'excitation dans le titre, que le lendemain de ma dernière cuite.

La vie d'un caissier n'est pas de tout repos, parler de clips qui se suffisent semble une tache difficile, mais nous somme la France qui se touche tôt, nos petites mains habiles tapotent le clavier comme elles dansent sur tes reins. Un sourire coquin, un œil malin, une rime en "IN", un sein, un point.

Mes chaussures c'est des Weston.

The Little Ones - Lovers Who Uncover


Les histoires d'amour, ça finit toujours mal, mais avant, en général, ça commence bien. C'est ce que dit le bon sens populaire. Cette vidéo des Little Ones, signée Terri Timely, prouve l'inverse : les histoires d'amour commencent pas terrible, mais je ne vous en dit pas plus, faut regarder le clip jusqu'au bout.
Si j'étais un peu relou (et je le suis), j'aurais tendance à analyser cette vidéo comme un manifeste pour la modernité. Posons les données du problème. Une jeune fille un peu emo prend une photo d'elle avec son polaroïd. Vivant dans une Amérique qui semble curieusement dépourvue de moyens de communication modernes, elle envoit ce polaroïd par la poste à un jeune homme qu'elle a rencontré on ne sait où (visiblement pas sur MySpace).

Le mec reçoit la photo. Il se dit "ok, elle est bonne". Il veut donc la rejoindre où qu'elle soit pour lui faire des bisous et peut-être envisager une union plus large. Problème : la fille habite super loin. Solution : il bosse chez Fed Ex, il n'a qu'à se faufiler dans un colis. L'idée est bonne quoiqu'un peu foireuse, la fin du clip se charge de le prouver.

L'union voulue ne se réalise pas. Pourquoi ? Parce que les deux protagonistes ont négligé deux aspects essentiels de la civilisation moderne : MySpace et les vols low-cost. Il auraient été un peu malins, ils se seraient envoyé leurs photos via MySpace, auraient un peu discuté, se seraient échangé le prénom de leurs mères et se serait rejoints dans le Midwest via un vol EasyJet. C'est comme ça que je vois l'amour. Mais je crois que ma grand-mère n'a pas cette vision. Je vais lui en toucher un mot dans la queue au bureau de vote et je vous en reparle.

Allez salut.

(tout le monde s'en fout mais The Little Ones est un groupe de rock indie californien un peu lourdingue qui a surtout l'avantage d'avoir pondu ce titre, que les Crystal Castles ont magnifié dans un remix mémorable)

X Press 2 - Witchi Tai To


Cette cassette ne va pas te manger, juste te jouer cette chanson magnifique des Harpers Bizzare qu'X-Press 2 boucle ici betement. Ouais, on vendrait son âme, son ghettoblaster pour une occasion d'approcher une de ces filles à capuches, nées avec ce soleil si spécial, plus tout à fait vierges et même pas suicidaires. Bien sûr, on ne saurait pas quoi lui dire, alors on finirait par lacher, dans un demi-sourire : passe à l'appartement, je te ferais une cassette. La classique cassette sésame, pour montrer qui je suis et ce que je veux mieux qu'un discours, et puis surtout, un prétexte pour lui frôler la main. Le genre de cassette sur laquelle on met cette chanson des Harpers Bizzare, botte secrète qu'on place au bon endroit, juste avant la rouille libre de fin de face, avec un plaisir sournois. Ces gros malins d'anglais s'approprient le charme de la bande analogique comme éternel agent de substitution, quand proche des oreilles c'est proche du coeur.

Erase Errata - Taxdollar


J'avoue. L'année dernière, lorsqu'on nous a livré la vidéo de Tax Dollar (sacré Gustavo) (un running-gag épatant), j'ai manqué de rigueur et de conscience professionnelle: je ne l'ai pas mis en rayon. Il faut dire qu'à l'époque j'étais plutôt borderline: j'arrivais souvent en retard, j'avais jamais ma blouse, je trainais en salle de pause avec les pouilleux de la maintenance, je draguais les clientes au milieu des rayons, notais leurs numéros à même les bons de livraison, c'était n'importe quoi. J'étais une brebis égarée dans le troupeau de la Superette et j'en souffrais. Je ne le savais pas encore mais j'en souffrais.

Un matin, un beau matin, Caissier m'a pris par l'épaule. Il m'a emmené faire une ballade au bord du bassin artificiel du rayon Jardinage, il voulait me parler. Il a su trouver les mots justes. A la fin de notre échange je me sentais déjà mieux, et, tandis que nous regardions sans mot dire les chinchillas du rayon Cochons d'Inde, il m'a tendu un livre protégé par une épaisse reliure plein cuir sertie d'élégantes enluminures dorées.
"C'est pour toi." (pour moi?) "La rage de vendre. Fais en ton livre de chevet, lis un chapitre chaque soir. Tu es KS et sur cette caisse je bâtirai mon Empire".


Depuis ce jour j'ai changé. Je pratique l'haltérophilie, je me suis fait faire des tatouages. Un pour chaque erreur, pour ne jamais oublier. "Tax Dollar" sur ma poitrine.

Aujourd'hui je répare une injustice et profite de la venue en Europe d'Erase Errata (une date à Lyon le 14 mai) pour clouer ce clip sur nos rayons, graver son code html dans le marbre, immortaliser sa beauté de sou neuf en tête de gondole. Jetez-y un oeil, vous y trouverez pêle-mêle des séquences animées, des effets un peu gauches et des couleurs criardes, des soldats, des filles, des chaussures, des figures politiques. Vous trouverez ça parfois cheap mais jamais chiant. Vous aimerez.

A part ça j'ai lu un peu partout qu'Erase Errata, girl band, rappelait aussi bien Le Tigre (avec qui elles ont déjà tourné) que Liars. Sur Taxdollar j'ajouterais Gang Of Four, d'une parce que ça fait post-punk, genre je connais par coeur mes compils soul-jazz, et de deux parce que c'est un morceau très politique ("Murder, manslaughter/All funded by my tax dollar" y entend-on).

D'ailleurs n'oubliez pas d'aller voter, c'est hype.

5.5.07

Rock Plaza Central - Anthem For The Already Defeated vs. Teenage Bad Girl - Cocotte

Habituellement, les versus que vous propose la Superette se déroulent dans une ambiance résolument bon enfant. Les clips s'y affrontent gentillement à coups d'armes en mousse, s'échangent des petits sourires coquins, et leur confrontation se veut saine, voire pédagogique: en deux ou trois camemberts agrémentés de quelques diagrammes en bâton n'importe quel versusologue vous prouverait que ces vidéos se tapant dessus les unes les autres véhiculent une série de valeurs et de messages positifs, tel que le respect de l'adversaire ou le dépassement de soi, en passant par le culte du beau geste, l'altruisme, le partage, l'amour, le bonheur, etc, bref tout un tas de conneries nihilistes dont on se serait par ailleurs bien passés. Merci Pierre de Coubertin.

La bonne nouvelle c'est que le versus du jour n'a rien à voir avec ses prédecesseurs. Il ne s'agit plus, cette fois, d'une simple opposition de vidéo-clips, mais d'une véritable lutte idéologique. Ni plus, ni moins.

Car autant vous prévenir tout de suite: il n'y aura rien de positif à ressortir de cette histoire. Zéro valeurs, zéro pédagogie. Que dalle. Macache. Ce sera un combat à mort, une vraie boucherie, une gigantesque foire aux viscères. L'éternelle lutte du blanc contre le noir, du bien contre le mal, de la blogotheque contre fluokids. Un truc apocalyptique. La fin du monde.


Bordel, quel teasing.



A ma gauche, Rock Plaza Central est le candidat de l'imagination. Libre penseur aux idées larges, ce groupe canadien est néanmoins l'héritier de grands idéologues tels que Violent Femmes ou Neutral Milk Hotel (au passage, Neutral Milk Hotel est le groupe le plus pratique que je connaisse: en vendant à peine deux disques, il serait parvenu à influer sur l'ordre de l'univers en général et sur toute une génération de groupes indie-pop en particulier). Il pratique un discours volontairement barré mais percutant qu'il distille généralement dans des cabarets sauvages. Son premier ministre serait Beirut.

Quant au clip il commence je ne sais où et ne finit nulle part. C'est un objet assez rare, plutôt beau, vaguement poétique et en tous les cas très différent de tout ce que j'ai pu voir ces derniers temps (pas d'histoire, pas d'effets). La réalisation est signée Mike Juneau.



A ma droite, Teenage Bad Girl est le candidat de l'action. Jeune loup aux dents longues, ce groupe français s'inscrit dans une tradition nationale forte et a retenu du général Daft Punk l'art du son qui tabasse et le sens du plébiscite. Son discours est plus direct, plus incisif mais aussi plus agressif: en voulant brouiller les frontières et séduire les partisans des Stooges, ce groupe s'est rapproché d'un extrêmisme rock qui peut effrayer son électorat. Son lieu de prédilection reste cependant le club, en l'occurence moite et crasseux. Son premier ministre serait sans doute aussi cool que lui, mais sa nomination donnerait lieu à une guerre de partis entre Citizen Records et une coalition Ed Bangers-Kitsuné, enfin ce serait le bordel.
Le clip est peut être moins original que son adversaire mais est aussi d'un plus gros calibre: la réalisation (signée Jean Demery) est impeccable, l'ambiance oppressante, le noir et blanc savamment utilisé. C'est un clip très cinématographique en fait. Et c'est sur le thème de l'oeuf. L'oeuf pourquoi? Comment? L'oeuf. L'oeuf? Ce genre de choses.


A mon avis ça va barder.

4.5.07

Architecture In Helsinki - Heart It Races



Alors en fait ce clip commence comme un documentaire. Il y a un décor avec de l'eau et des arbres, ça fait jungle. Jusque là rien de trop compliqué, ambiance Circuit Rustique d'Activités Physiques Aménagé, dimanche en famille, saute-mouton, pont de singe et exercices pour le chien, bon. En fond sonore on mettra des bruits de perruches, qu'on fera passer pour des oiseaux exotiques. De toute façon en jouant sur l'imagination du spectateur on pourrait faire passer un merle pour des toucans et une véranda de grand-mère pour l'Amazonie (ouais l'odeur de formol là, c'est les tapirs). Bien.
Après ça s'emballe un peu. La voix-off se met à évoquer un nom de tribu, un truc un peu alambiqué, avec des consonnes et des a. On sent venir le clip vaguement Ushuaïa, mais avec le budget d'un numéro anniversaire de Faut pas rêver. Du coup, on économise sur les percussions, on fait tout à la bouche pendant une bonne minute ça fera passer le temps, et puis quand il faudra rentrer dans le vif du morceau, avec le plan tout plein d'audace sur le soleil là, on ressortira la batterie électronique qu'on a eu à Noël en 1984 (disponible sur La Redoute, page 450) et puis on trouvera bien des tambourins imitation peau, des cuillères en inox, des bidons d'huile et un bon vieux glockenspiel (oh oui, comme sur Do The Whirlwind).
Pour le reste on brodera.
Ouais, on brodera. Parce qu'on est Architecture In Helsinki et que pour le clip du premier extrait de notre troisième album on a eu une idée d'enfer: se construire des marionnettes et faire des gestes avec. Genre à un moment toi tu rapperas avec tes bras, et toi tu porteras un sceptre. Pour les marionettes on prendra des vieilles peluches, des fourchettes en plastoc, des serpillières et des saladiers. Et si Björk se l'est jouée un peu tribal sur son dernier clip tant pis, elle va prendre une roustée. On fera des colliers avec ses tripes.

Et alors je vous préviens, la fin est magique. Ce clip est bon comme un kinder.
Je ne sais pas si le nouvel album de ces mabouls australiens, à paraître en août, sera aussi costaud qu'In Case We Die, mais des clips comme ça j'en veux tous les matins. C'est bien simple: je n'ai pas été autant enthousiasmé par une vidéo depuis Homecoming.
C'est quand même drôlement chouette les video-clips.

Merci à Youain'tnopicasso.

Youhou!! Boomdagadagadaga!!

3.5.07

The Knife - Handy Man


J'étais tranquillement entrain de rien faire au rayon Spiritueux de la Superette, c'est-à-dire accroché comme un singe sur l'étagère derrière la caisse de Caissier, quand ce dernier me dit : "Gonzo, arrête tes conneries, va ranger The Knife au rayon clip fluo, nos clients aiment ça, nos clients c'est ton salaire, tu ferais bien de magner ton cul à poster ce clip, avant que je file ton poste à un stagiaire de Myspace".

Soit…

Je traîne des pieds, jusqu'au rayon Junk Food, je crache un peu dedans, manque de me faire griller par Elise, puis cherche un libellé malin pour le client idiot. Fluo ? Non, on a déjà viré le rayon "rock boutonneux" pour faire de la place. Suède ? Mauvais goût ? Gay ?

Je râle.

Je croise Vincent au rayon drague, lui montre le produit et l'analyse. "Ouais, mmmm, fluo en effet, gay aussi, suédois complètement, bon on s'en fou tu connais ce site de cul Y..Porn ?" Je lui réponds "grave", il me dit "vas y faire un tour"

? ! ??

Je m'inflige une autre fois cette musique dance tendance, en surfant sur le dit site conseillé. La réponse tiens dans la main "Fleshlight". Objet du présent, vision transparente des désirs les plus honteux, en attendant le nouveau modèle qui brille dans la nuit, commandé à la hâte suite à un accident de parcours, je vous propose le clip fleshlight, c'est moche, c'est pour les mecs et c'est tellement 2007.

Résumé de l'épisode :

The Knife est un groupe Suédois, leur clip fait mal aux yeux, leur musique aussi. La chanson parle de sexe, plutôt de branlette du futur, ou un truc comme ça. Et le libellé de cet post est Fleshlight.


Joli mois de mai.

Air - Mer du Japon


Autant affirmer dès à présent que ce clip est d'une rare ineptie. Assertion brutale certes, mais j'ai conscience des attentes que le groupe génère ainsi que de la qualité visuelle dont ils ont longtemps eu l'apanage. Il en est de cette chronique comme d'un bilan de débat électoral : c'est un constat d'échec.

Avec cette vidéo, Air se veut le chantre d'une absolue cohérence graphique : les éléments stylistiques présents sur la pochette de l'album, jeu de transparence bleutée, présence en filigrane des membres du groupe, sont ici réemployés au service d'une esthétique japonisante bas de gamme.

L'élément aquatique, la dilution d'encre de Chine en touches étales, les poissons chats stylisés, la sublime chorégraphie exécutée par les deux jeunes danseuses, autant de références à l'estampe japonaise, sont à un rouleau d'Hokusai ce que Chouquette, votre nièce de 3 ans, est à Odilon Redon. Il eût fallu pour atteindre un semblant de finesse s'abstenir de quelques appendices d'une affligeante grossièreté : un dragon 3D ? le visage extatique de Jean-Benoit Dunkel bouche bée, regard dans le vague, est-ce que tu viens pour les vacances ?

Il semble que la limite entre "populariser" et "galvauder" s'avère trop ténue pour Guillaume de la Perrière, réalisateur qui, je l'espère, ne s'est jamais targué de mécénat extrême-oriental.

1.5.07

Elk City - Cherries In The Snow


Ce matin à la superette on a reçu les commandes de mai.
Alors qu'on déchargeait, au détour d'un camion, j'ai reniflé comme une odeur de vieux brie qui sortait d'un petit coffre en bois de cagette.
"Ca m'a pas l'air bien frais, ça", j'ai dit.
Gustavo, le livreur (un type épatant), m'a alors expliqué qu'il trimbalait ce clip depuis début avril. "C'est Elk City" qu'il a répondu quand je lui ai demandé ce que c'était.
J'ai ri à m'en péter la rate.
"Début avril? Mais enfin Gustavo, bougre d'âne, te moques tu maudit brigand? Ce groupe n'existe plus depuis au moins 5 piges! Sacré Gustavo. Allez file, vieux chappuzeau." (sacré Gustavo) (un type épatant).

Après quoi il est parti et on est allé se jeter un mique tout en discutant le coup avec les collègues. Caissier nous a tous mis chiffons à la crapette. On a eu du plaisir.

Et donc pour en revenir à Gustavo j'ai tout juste eu le temps de lui le chorer son clip. Je l'ai gardé dans une poche de mon bleu et j'y ai jeté un oeil vite fait, pendant ma pause goldo: c'était bien Elk City, et le morceau m'avait pas l'air périmé. J'en suis resté comme deux ronds de flan.
"Nom d'une pipe".

Le morceau s'appelle Cherries in the Snow et marque le retour de ce groupe new-yorkais avec lequel j'ai quelques bons souvenirs. C'est un morceau très pop, le refrain c'est "Oulala". A la première écoute j'ai trouvé qu'il manquait un truc, et "Ah oui, un membre" ai-je ensuite pensé, en constatant le départ de Peter Langland Hassan, le guitariste. Dommage je l'aimais bien. Il chantait faux mais je l'aimais bien. A sa place, une nouvelle bassiste ainsi que Sean Eden, rescapé des fabuleux Luna, tentent d'épauler la divine Renée LoBue mais peinent à convaincre.
Bref, ce morceau ne casse certes pas trois briques à un canard, mais que voulez-vous, réentendre parler d'Elk City c'est un peu comme retrouver le gars avec qui vous jouiez au ping-pong au collège et avec lequel votre seul sujet de conversation tourne autour de la question "Et t'as des nouvelles de...?"
Mais je ne suis pas très sûr de ma comparaison.

Le clip joue sur l'incrustation de couleurs dans des scènes en noir et blanc, comme dans Pleasantville, et sur une ambiance vaguement froide qui donne terriblement envie de baîller.
Il doit y avoir un travail sur la symbolique des fruits et légumes aussi: Sean Eden joue aux échecs avec des cerises et Renée LoBue porte un sac à patates en guise de robe.
Et elle danse comme une endive.
Non vraiment, tout celà doit avoir un sens, ce ne peut pas être juste du mauvais goût.